A la découverte du papier dominoté A Paris chez Antoinette Poisson

Je vous emmène à quelques pas de la place de la Bastille pour un beau voyage dans le temps … et dans l’univers coloré des papiers dominotés.

Je pars cet après midi à la rencontre des talentueux créateurs de l’Atelier Antoinette Poisson. Ces trois jeunes restaurateurs du patrimoine, Julie Stordiau, Vincent Farelly & Jean-Baptiste Martin ont réussi leur pari : réintroduire le domino en France.

©TrèsorParisien

Leur passion pour la dominoterie a démarré sur un chantier...

Alors qu’ils rénovent une demeure historique, ils découvrent, sous plusieurs couches de papiers peints, un papier dominoté qu’ils décident de reproduire afin de redonner à la pièce son aspect d’origine. Tout d’abord, ils doivent se replonger dans l’histoire de la dominoterie française pour laquelle ils vont se passionner.

Par conséquent, pour ce chantier, ils reproduisent le papier disparu en utilisant le savoir-faire d’origine. Ils font donc appel à l’un des derniers fabricants de papier à base de chiffons établi près d’Angoulême pour obtenir leur matière première.

Vous pouvez visiter ce lieu Moulin du Verger.

Ainsi, comme au XVIIIème siècle, ils impriment les motifs noirs à l’aide d’une presse et ajoutent les couleurs à la main, à l’aide de pochoirs ou au pinceau, sur chaque feuille (35 x 45 cm) appelée Domino.

Les feuilles dominotées sont ensuite collées sur les murs, comme notre papier actuel !

Pour comprendre la technique regardez ce reportage ( 35 secondes) Antoinette Poisson pour Diptyque

Ce chantier donne naissance à L’ Atelier Antoinette Poisson qui porte ce nom en hommage à la marquise de Pompadour (née Jeanne Antoinette Poisson). La marquise, favorite du roi Louis XV était connue pour être une amatrice d’art et d’artisanat de luxe à la française : porcelaine, tissus, décoration d’intérieur et papier-peints…

 

Petit retour sur la dominoterie française :

En France, ces feuilles de papiers ornées de motifs géométriques ou floraux ont connu leur apogée dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. A l’époque ces papiers étaient fabriqués par les dominotiers, artisans qui pouvaient également exercer les métiers de cartier (fabricant de cartes à jouer) ou d’imagier (fabricant d’images). Les motifs estampés étaient géométriques, floraux ou en carreaux (échiquetés) et ils se répétaient sur la feuille.

L’atelier du dominotier était modeste, il gravait lui-même la planche de bois ou faisait appel à un artisan-graveur. A l’époque les feuilles dominotées portaient en marge le nom et le lieu de leur fabrique et un numéro de planche. Pour perpétuer cette tradition les planches de papier dominotées des trois créateurs portent la mention « A Paris chez Antoinette Poisson ».

A l’époque, la France compte de nombreux lieux de fabrication : Paris, Chartres, Le Mans et Orléans… Souvent imprimés en milliers d’exemplaires leur prix est faible.

Carnet_fait_à_la_main

Les feuilles étaient donc utilisées pour garnir et protéger l’intérieur de boites, de malles, de tiroirs et d’armoires et leur usage le plus répandu était la couverture de livres.

diptyque paris propose un memento sur ce sujet, que je vous invite à lire.

C’est cet univers que nous retrouvons chez Antoinette Poisson dès l’entrée de l’Atelier avec cette armoire, ces petits carnets… Depuis 1 an, l’Atelier propose également des tissus & des coussins tissés en Mayenne à partir des motifs exclusifs.

Antoinette Poisson retourne  à Versailles …

En 2018, l’Atelier a restauré des boutiques du château de Versailles et propose depuis avril 2019 ses produits au Bon Marché Paris.

Vous pouvez les retrouver sur l’e shop antoinettepoisson.com

L’atelier ne se visite pas, mais votre chemin passe en Alsace vous pouvez retrouver ce savoir-faire au Musée du papier peint de Rixheim.

A lire :  Voyage coloré au pays du papier peint français.

Bonne lecture, A bientôt.

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