Don Quichosse : Les espadrilles Belles et Naturelles

Don Quichosse : Les espadrilles Belles et Naturelles

29 mars 2019 2 Par christelle
modèle élaboré

Valises bouclées, départ pour le pays basque, terre de caractère et de traditions…

C’est à une centaine de km de la côte, à Mauléon Licharre, que je vous emmène visiter ma marque préférée d’espadrilles. Direction la manufacture Don Quichosse.

Je suis ravie de revenir à l’atelier pour cette visite avec Timothée Cangrand qui a repris l’entreprise en 2015.

 

Chez Don Quichosse on va parler de semelles naturelles, de toiles française cousues main et de beaux modèles… Exit les colles et les additifs, voici le secret de ma fidélité à cette marque que j’ai à cœur de vous faire découvrir !

Des semelles naturelles

Traditionnellement, les semelles des espadrilles étaient fabriquées en chanvre, puis il fut remplacé par le jute venant d’Inde et du Bangladesh. Aujourd’hui, cette entreprise a opté pour des semelles en lin de Normandie. Elles sont donc réellement plus douces et agréables au pied et l’empreinte carbone plus sympa !

Une première machine fabrique la tresse puis à partir de cette très ancienne « table à mouler » qui tourne (cf vidéo) chaque semelle va être créée à la main. Le nombre de tours déterminera la taille voulue !

Timothée fabrique environ 60 paires à l’heure.

Machine à fabriquer la tresse
Tresses en attente
premiere machine semelle
Tour ancien

Ensuite, les semelles sont  compressées pour obtenir leur forme finale.

Tresse compressée avant vulcanisation
Résultat de la compression

Puis, elles sont cousues de façon latérale avec cette machine spécifique. Donc, pas de colle !

La vulcanisation : rythme et chaleur !

L’étape de la vulcanisation consiste à appliquer le caoutchouc (latex) à la semelle. Une à deux fois par semaine, Timothée met en route l’impressionnant banc de vulcanisation qui lui permet de fabriquer simultanément 8 paires de semelles. En une demi journée, 50 paires de 8 tailles l’attendent.

Il utilise un latex 100% naturel sans additif en granulés qu’il répartit dans chaque moule avant d’insérer la semelle de corde. Il faut 6 minutes à une température comprise entre 160 &180 degrés pour que le latex fonde et vienne adhérer naturellement à la semelle.

 

Le rythme est soutenu car le banc de vulcanisation compte 8 postes de travail et après 6 minutes le latex noirci (brûle) ! La chaleur est également au rendez vous, les semelles sortent fumantes mais sans odeur de plastique !

Je suis même surprise que l’odeur soit si agréable !

Voici les belles semelles naturelles et épaisses !

La préparation des toiles...

Le tissu est découpé en matelas. L’entreprise privilégie le tissu français mais les fournisseurs sont rares ! Ainsi, pour certains modèles phares, l’entreprise Onas Tiss  reste un partenaire privilégié. Nous sommes allés rendre une petite visite à ce fabricant français, ce qui nous a permis de découvrir la jolie ville de Saint Palais à environ 30 km de Mauléon …

Le Savoir-faire du cousu main !

L’entreprise compte 3 personnes et produit 25 000 paires d’espadrilles à l’année donc les toiles sont cousues à domicile ! Chaque semaine, Timothée bat la campagne basque et parcourt près de 600 km, pour visiter une vingtaine de couturières afin de livrer la toile coupée et les semelles. Une tournée sympathique en été mais parfois plus longue en hiver.

 

En moyenne une couturière expérimentée met 40 minutes pour réaliser une paire.

Le cousu main reconnaissable par son bout musette :

A gauche, le cousu main y compris le bout « musette » !

A droite, une couture machine espacée qui forme des triangles.

Pas de bout musette en machine, mais attention aux arnaques parfois les bouts musettes peuvent être collés !!!

 

Avant les étapes finales de contrôle qualité, pose de l’étiquette et emballage, certains modèles seront mis sous forme et repassés au four.

Qualité maximale pour une longue vie d’espadrille !

Pour terminer, je voulais partager avec vous deux choses que j'ai apprises (hors process de fabrication)

  • Le sens du mot « Hirondelles » à Mauléon Licharre

Dans le langage des « espadrilleurs », ce terme désignait les jeunes femmes espagnoles venues de Navarre et d’Aragon, qui traversaient les Pyrénées à pied par petits groupes, en costumes traditionnels. Elles venaient travailler d’octobre à mai. Elles étaient, près de 600 à faire ce voyage chaque année. 

  • Des espadrilles pour les mineurs du Nord de la France

Ce modèle homme est un clin d’œil à celui des mineurs (modèle d’origine, juste derrière). Car, il faut savoir que si la demande en sandales s’est fortement développée au 19ième siècle, c’est en partie parce que les mineurs recevaient chaque semaine une paire d’espadrilles.

 

Aujourd’hui, c’est toujours à Mauléon que 80% de la production française est fabriquée. Par ailleurs, chaque année la ville célèbre pour le 15 aout ses sandales. Une bonne occasion de découvrir cette jolie bourgade et ce savoir-faire ancestral.

 

Vous pouvez également faire comme moi et venir visiter l’atelier, ouvert de mi juin à fin septembre, le reste de l’année est consacré à la production.

 

Passer au point de vente d’Ossès (village des artisans, plus près de la cote basque) est également une solution et vous permettra de découvrir un autre savoir-faire que j’apprécie particulièrement celui de la maison Goicoechea.

Ce que j’ai aimé :

Une entreprise familiale, sympathique dans laquelle chacun a envie de partager son savoir-faire.

Vraiment une belle visite pour les petits et les grands impressionnés de voir s’élaborer ce produit devant leurs yeux et pouvoir repartir avec une jolie paire d’espadrilles !

Si vous habitez trop loin de Mauléon, n’hésitez pas à consulter le site  internet pour découvrir ces beaux modèles et je crois que l’été 2019 nous réserve de jolies nouveautés !

Si vous passez aux pays basques d’autres ateliers sont ouverts :

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