L’élégante chaise Drucker

« Un grand crème et un croissant »

Commande passée et confortablement installée à la terrasse d’une brasserie parisienne avenue Mozart, mes conditions sont idéales pour vous écrire ce post sur les élégantes chaises Drucker qui m’entourent.

Il y a quelques jours, j’ai visité cette entreprise, qui telle une Maison de Haute couture, crée et habille de belles chaises en rotin depuis 1885.

C’est à 80 km au nord de Paris, dans la petite commune de Gilocourt (Oise), que se perpétue ce savoir-faire d’exception.


Une belle histoire …

En 2005, Bruno Dubois a relevé le défi de reprendre cette entreprise exploitée pendant 120 ans par la famille Drucker. Aujourd’hui, son challenge est réussi. Au coté de son fils et d’une trentaine de salariés, fiers de leur savoir-faire, ils font éclater la palette de couleurs et de motifs de la Maison Drucker à travers le monde.

De Gilocourt à Hollywood…

De la liane à la chaise

On démarre la visite par le stock de longues perches de rotin (de 3 à 5 mètres) de différents diamètres. Il s’agit de «Rotang», palmier liane à croissance rapide qui pousse à l’ombre des arbres dans les forets humides. L’atelier utilise principalement comme rotin, le Manille liane blonde & le Malacca plus sombre.






La première étape va consister à les trier et couper en différentes pièces qui composeront chaises, fauteuils, tabourets hauts et bas…

Chaque nœud est poncé et teinté à la main, il peut même être nécessaire de redresser les pièces. (Machine à redresser ci contre).

De la chaleur et de l’humidité pour la mise en forme :

Au centre de l’atelier se trouvent deux longs cylindres, « étuves » ou « chaudières » qui vont permettre d’assouplir le rotin pour le travailler.

Après un passage de 20 minutes dans la chaudière, on va donner aux pièces de rotin leur forme en les plaçant sur un moule et en les maintenant cintrées pendant 48 heures. A ce stade, Fabien le chef d’atelier, nous explique que le rotin est une matière vivante, sensible à la chaleur et à l’humidité qui l’entoure, donc les temps de séchage varient selon la saison. Il nous apprend également qu’avant l’installation de ces chaudières, les perches étaient placées la veille de la production dans l’Automne, rivière qui longe l’atelier !

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Concentration maximale au cannage :

Parallèlement au cintrage, dans une pièce à l’écart du bruit de scie de l’atelier, l’assise va être tissée autour d’un châssis en bois exotique ou en hêtre.

Dans l’ambiance multicolore des bobines de rilsan®, polyamide « naturel obtenu à partir de l’huile de Ricin» souple, durable & 100% français, les femmes de l’atelier entremêlent les lanières de trame et de chaîne, me rappelant la technique Jacquard des métiers Leavers (post dentelle de Caudry).

Les lanières de rilsan® ou de raucord® ont remplacé l’éclisse de rotin naturel.

Au total, un nuancier d’environ 50 couleurs, mates ou satinées, permet de répondre aux envies et aux usages de chacun (indoor/outdoor) !

L’ambiance est studieuse car plus d’une cinquantaine de motifs de cannage sont proposés (basiques, classiques, prestiges, exceptions et même chefs d’œuvre). Il est nécessaire d’adapter précisément le motif à chaque taille de pièce. Par conséquent, centrer les losanges sur les banquettes de grandes tailles peut s’avérer technique, et ne souffre aucune erreur !

Puis, les différentes pièces de rotin sont assemblées sur un châssis pour revenir au cannage des dossiers et accoudoirs.

Les belles pièces colorées vont passées au bordage, étape qui consiste à poser un jonc naturel afin de cacher les agrafes et vis utilisées pour fixer les éléments entre eux.

Cette étape, qui s’effectue toujours à chaud souligne les belles formes de la chaise.

Et, avant l’étape quasi finale du vernissage, chaque chaise va faire l’objet d’un contrôle qualité strict. C’est Aurélie qui réalise cette inspection méticuleuse, elle consacre à chacune 25 à 40 minutes, rien ne lui échappe !

Quand la chaise est parfaite, elle appose les dômes (patins de pieds) et la marque de fabrique de la Maison Drucker.

A la conquête des lieux prestigieux

Les belles sont prêtes pour l’étape finale de l’emballage, en gaines ou en cartons, c’est une étape à ne pas négliger car elles vont parcourir le monde : Londres, New York, Dubaï, Sydney, Singapour…

On les retrouvera dans des lieux prestigieux comme à la terrasse de l’hôtel Château Marmont sur Sunset Boulevard à d’Hollywood ! Ambiance café parisien chaises et tables assorties à l’ombre du soleil de Californie !

L’atelier n’est pas ouvert au public mais si vous voulez en savoir plus je peux vous conseiller vivement de parcourir le superbe ouvrage « La chaise parisienne – Maison Drucker » d’Alix De Dives & Serge Gleizes illustré par les magnifiques photos de Jean Marc Palisse.

Vous y trouverez notamment un beau portrait de Bruno Dubois, l’histoire de la Maison , des détails sur les modèles, la fabrication et la collaboration avec les designers …

Vous pouvez aussi consulter le site et découvrir Capucine, Rivoli, Turgot, Parisienne… où la collection Eiffel. (Le classement est subjectif il relève vraiment de mes préférences ! mais vous trouverez forcement la votre !).

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A très vite, Christelle

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